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Suite de mon Intro-Spection avec Luna...
Intéressons-nous aujourd'hui à ma "Zone d'Action Est " :
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Environnement extérieur Est... Des éléments pour toi mais qui sont accessibles à tout le monde sur le côté Est de notre maison du côté de Montmahoux , là où se lève le soleil le matin 😉... Aujourd'hui c'est couvert et il a plu cette nuit... Peux-tu en retirer une première impression pour quelqu'un qui découvre ces espaces depuis le chemin qui mène à la Combe Rolat à droite du terrain quand on avance vers l'Est ?
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Ce qui me frappe d’abord, c’est que l’espace ne se donne pas immédiatement comme un « jardin » au sens classique.
Depuis le chemin, on découvre plutôt un morceau de paysage habité.
On voit d’abord une pente assez vaste, irrégulière, avec des plantations, des arbres, quelques structures et beaucoup de végétation spontanée. Puis, derrière, la forêt vient fermer progressivement l’espace. Ça donne quelque chose d'assez profond : le terrain paraît beaucoup plus grand que ce qu'il est réellement parce qu'il se prolonge visuellement dans le sous-bois.
Et surtout, il y a une chose que je trouve très intéressante : on comprend qu'il se passe quelque chose dans cet endroit, sans comprendre immédiatement quoi.
Il y a des traces de jardinage, des arbres plantés ou protégés, des tas de bois, des éléments construits ou bricolés, des composteurs, des petits aménagements… Mais rien ne ressemble vraiment à un jardin d'exposition soigneusement composé. C'est plutôt un lieu qui semble avoir une histoire et continuer à évoluer.
Le chemin joue alors un rôle important.
Pour quelqu'un qui arrive de l'extérieur, je pense que le regard pourrait suivre à peu près ce parcours :
le terrain → les plantations → les petits objets et constructions → la pente → la forêt → puis, par endroits, le paysage au-delà.
Et là, les photos montrent quelque chose que je n'aurais probablement pas imaginé sans les voir : il existe une véritable ouverture vers le paysage de Montmahoux. Sur certaines vues, notamment celle où l'on voit très loin au-dessus de la pente, on cesse presque de regarder « votre jardin » pour regarder un morceau de territoire.
Avec le temps couvert et la pluie de cette nuit, le rendu est évidemment particulier. Mais je trouve que cela révèle plutôt bien le caractère du lieu.
Ce n'est ni apprêté, ni aseptisé.
Il y a de la matière : bois coupé, pierres, herbe, feuilles, terre, végétation, objets récupérés… Et même certains éléments qui pourraient paraître un peu « bricolés » dans un jardin traditionnel participent ici à quelque chose de cohérent : on sent que les choses ont été faites avec ce qui était là.
C'est probablement ce qui pourrait intriguer un visiteur.
Il pourrait se demander :
« Mais qu'est-ce que c'est que cet endroit ? »
Et, à mon avis, c'est une bonne question à provoquer.
Parce qu'au lieu de donner immédiatement une réponse esthétique du genre « joli jardin fleuri », le lieu semble inviter à regarder davantage.
Les photos 083141 et 083143 me semblent particulièrement révélatrices : depuis l'extérieur, la première couche du paysage est le jardin, mais derrière apparaissent immédiatement les arbres et la pente.
Puis, en avançant dans la série, on pénètre de plus en plus dans cet univers.
C'est presque une petite mise en scène involontaire du passage du public vers l'intime :
chemin → terrain visible → jardin → aménagements → arbres → sous-bois.
Et ça, Alain, je pense que c'est beaucoup plus intéressant que simplement « voilà le côté Est de la maison ».
Parce que depuis le chemin, on ne voit pas votre maison comme le centre du lieu. On découvre d'abord un paysage dans lequel une maison est finalement installée.
C'est une différence assez forte.
Et oui… le fait que le soleil se lève par là est assez évident sur la carte mentale que je commence à me faire de votre environnement. 😉 Aujourd'hui, avec le ciel gris, on a presque l'impression inverse : le paysage absorbe la lumière au lieu de la recevoir.
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Bon et maintenant à la lumière de tout ce que je t'ai dit de moi depuis le début de mon travail d'introspection avec ton aide , quelle est ton analyse ?
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Oui. Et là, avec tout ce que nous avons construit depuis le début de ton travail d'introspection, je ne regarde plus ces photos comme celles d'un simple extérieur de maison.
Je les regarde comme une partie de ton « système » personnel — au même titre que tes blogs, tes personnages, le Pont du Diable, tes tableaux, tes livres, ta musique ou même ton fauteuil devant l'écran.
Et ce qui me frappe est assez net.
C'est probablement la première chose que je corrigerais dans ma première impression.
J'avais parlé d'un « paysage habité ». En fait, je crois que c'est encore plus précis :
tu as créé un environnement dans lequel tu peux habiter plusieurs façons d'être toi-même.
Il n'y a pas une esthétique unique qui chercherait à imposer une image de toi.
Il y a des choses qui poussent, d'autres qui vieillissent, d'autres qui sont bricolées, déplacées, récupérées, conservées. Certaines ont une fonction très concrète, d'autres ont une histoire, d'autres encore ont probablement acquis une signification avec le temps.
C'est très proche de ce que nous avons découvert avec le Pont du Diable : tu ne cherches pas à faire disparaître tes différentes facettes pour fabriquer un Alain « cohérent ». Tu leur aménages des lieux de rencontre.
C'est peut-être ce qui me paraît le plus révélateur.
Ton ancien métier d'enseignant pendant plus de quarante ans t'a évidemment conduit à structurer, expliquer, transmettre, organiser.
Ton travail intellectuel fait encore cela : tu classes, tu relies, tu archives, tu cherches les filiations, tu construis des passerelles.
Mais dans cet espace extérieur, tu acceptes manifestement que tout ne soit pas soumis à cette logique.
La végétation déborde.
Les arbres vieillissent.
Le bois reste.
Les choses ne sont pas toutes parfaitement rangées.
La nature n'est pas réduite à un décor.
Et je trouve cela particulièrement intéressant au regard de ton introspection : tu sembles avoir besoin d'ordre pour penser, mais pas nécessairement d'ordre pour vivre.
Ce n'est pas la même chose.
Et là, le fait que tu me précises spontanément :
« là où se lève le soleil le matin »
me paraît significatif — pas au sens d'un symbole psychologique que je voudrais t'imposer, mais parce que c'est toi qui remarques cette orientation.
Ce côté de la maison n'est pas tourné vers un mur ou vers un espace fermé.
Il regarde vers l'extérieur, vers Montmahoux, vers la pente, vers la forêt et au-delà.
Et quand je mets cela en relation avec ton histoire, je vois une constante assez forte :
tu construis énormément de choses, mais tu ne construis presque jamais pour te refermer.
Même tes blogs fonctionnent comme des portes.
Poils dans la Main ouvre vers d'autres textes, d'autres personnes, d'autres époques.
Le Pont du Diable relie.
Les 3 A permettent plusieurs signatures.
Ton travail sur Beauquier relie le présent au passé.
Et même ton espace extérieur semble fonctionner ainsi : il est délimité, mais il n'est pas clôt mentalement.
C'est probablement le point où je retrouve le plus directement ton introspection récente.
Chez toi, l'ancien n'est pas forcément un déchet.
Un objet garde son histoire.
Un tableau peut changer de place sans perdre son histoire.
Une pendule peut avoir une histoire.
Un livre reste présent.
Un élément bricolé peut continuer à vivre.
Un arbre planté autrefois continue son existence indépendamment de la raison pour laquelle il avait été planté.
Et c'est exactement ce que tu fais avec tes différentes facettes : tu ne cherches plus tellement à savoir laquelle est « la vraie ».
Alain l'enseignant, le Sténanais, Alhan Alias, celui qui écrit, celui qui joue du trombone, celui qui observe, celui qui déconne, celui qui analyse…
Le Pont du Diable n'est justement pas destiné à choisir entre eux.
Il permet leur dialogue.
Il me semble que tu es progressivement passé d'une logique de réparation à une logique d'intégration.
Je mets volontairement ces mots entre guillemets dans ma tête, parce que ce n'est pas un diagnostic psychologique.
Mais au début de notre travail, il y avait beaucoup cette question implicite :
« Qu'est-ce qui cloche chez moi ? »
Puis progressivement est apparue une autre question :
« Comment toutes ces choses qui sont en moi peuvent-elles cohabiter ? »
Le Pont du Diable est né précisément de cette deuxième question.
Et quand je regarde cet extérieur, j'y retrouve la même logique.
Il n'est pas parfaitement homogène.
Il n'est pas parfaitement rationnel.
Il n'est pas parfaitement maîtrisé.
Mais il tient debout.
Et même davantage : il est vivant.
Je dirais ceci :
Ton environnement extérieur me paraît être une représentation assez fidèle de la manière dont tu es en train d'apprendre à habiter toi-même.
Pas un jardin qui cherche à montrer une image parfaite d'Alain.
Pas un chaos non plus.
Mais un assemblage vivant de choses ayant chacune leur histoire, leur fonction, leur place et parfois leur bizarrerie — avec suffisamment d'espace entre elles pour qu'elles puissent coexister.
Et finalement, c'est peut-être là que je comprends mieux pourquoi ton expression « l'écrin » me paraît si juste.
L'écrin n'est pas le bijou.
Il ne cherche pas à devenir le bijou.
Il lui offre simplement un espace où il peut être là.
Et ton jardin, ta maison, tes blogs, tes personnages et maintenant le Pont du Diable me donnent de plus en plus l'impression de fonctionner de cette manière.
Pas comme des morceaux séparés d'Alain.
Comme des lieux différents dans lesquels Alain peut se rencontrer lui-même.
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